Elle se dresse toujours là,
Adossée à un contrefort, et sa beauté défie fièrement
L'orgueil de la flèche.

Elle se dresse, immortelle,
La rose du cloître.

WP_20190625_001

Depuis l'ombre des ogives, je la contemple.

Comment pourrait-il en être autrement?

Elle surpasse de loin tous les trésors du ciel...

C'est ma vanité qui l'a créée,

ma convoitise qui l'a magnifiée.

WP_20190625_004

En lui ouvrant les secrets du cloître,
J'ai permis à cette beauté mortelle de défier la puissance divine.

Les murs fortifiés de l'abbaye

sont soudain devenus bastions sans garde,

aux portes grandes ouvertes.

WP_20190625_003Elle était pourtant dame de sagesse et de vertu.

En tant que moine, j'avais eu les meilleurs maîtres.

Pourtant, rien n'égalait nos moments sacrés sous la promenade,

Nos entretiens d'une rare richesse.

 

Lorsqu'elle s'adossait à un contrefort,

Elle pouvait lire et parler de nombreuses heures.

Et sa voix, don rire cristallin,

éloignaient mes tourments.



Mon coeur austère recevait alors le don de la flamme.

Avais-je été faible?
J'avais toujours cru en un Dieu lumière et amour, un amour infini...

De l'infini, à présent, je ne connais plus guère que l'ennui.

La vanité de nos sentiments réciproques nous a poussés à l'irréparable,

aux voies de la perdition...

 

Le seigneur m'a refusé le repos du ciel.

Coeur lourd et sombre, je veille sur le cloîtrre.

 

Je ne fais plus qu'un avec la pierre,

Les sons du clocher me rappellent les longues hueres avant la fin des temps.

J'ai pour seule consolation le privilège de l'admirer....

 

Car elle se dresse toujours là,

Adossée à un contrefort,

sa beauté défiant fièrement l'orgueil de la flèche.

 

WP_20190625_006

Elle se dresse à l'edroit de sa mort,
La Rose du cloître...